Le derby tant attendu a tenu toutes ses promesses. Bien que plus tactique que spectaculaire, le 400ème match de Carlo Ancelotti en Série A fût très agréable et hautement jubilatoire pour les Rossoneri.
En l'absence de Pirlo et Borriello, Carlo concocte un « faux » 4-5-1 avec Seedorf en position de récupérateur et le trio Ka-Pa-Ro nouvelle formule devant, alors que R80 se place à gauche pendant que Gattuso comble le vide côté droit de l'aile. Le match débute doucement et les débats sont équilibrés entre deux équipes qui ne veulent pas perdre la balle. Le Milan est toutefois un poil plus agressif mais perd beaucoup de ballons pendant que l'Inter assoit sa domination défensive.
Mais comme les 0-0 ne sont pas coutumes entre les deux frères ennemis, c'est Zambrotta qui décide le premier d'allumer la mèche par le biais d'une frappe, terrible mais légèrement au-dessus, du pied gauche. La bataille fait rage au milieu de terrain mais les espaces limités profitent aux Rossoneri, supérieurs techniquement. Gattuso est partout et casse systématiquement le jeu de Quaresma et consorts, avec il est vrai un peu trop de hargne par moment. Ronaldinho se met alors en évidence et reprend un ballon de volée que dégage en corner Julio Cesar. Le trio offensif monte en puissance malgré la résistance de l'Inter, mais le duo Kaka'-Ronaldinho, un temps critiqué avant même de jouer ensemble par certains journalistes douteux, cloue définitivement le bec des détracteurs en multipliant les combinaisons de génies. Et 10 minutes avant la pause, c'est la consécration : Seedorf (encore monstrueux ce soir à la récupération, aux côtés des surnaturels Ambrosini et Gattuso) récupère le cuir et transmet à Ronaldinho. Le numéro 80 pose le jeu puis envoie une passe exceptionnelle pour Kaka', qui fixe à son tour la défense avant de centrer pour la tête de...Ronaldinho qui propulse une superbe tête dans la lucarne d'un Cesar abattu. 1-0 pour Milan, dans un séisme d'applaudissements pour les pas de Samba du génie Brésilien. L'Inter recule alors de plus en plus et il n'y a guère que Zlatan devant et le tandem Cambiasso (prodigieux)-Maicon derrières qui poussent l'équipe. Peu avant la mi-temps, c'est encore Milan qui accélère par l'intermédiaire de Pato, auteur d'un triple passement de jambe qui mystifie sur place le pauvre Burdisso. Mi-temps, avantage Milan.
A la reprise, l'intensité monte d'un cran et Milan éblouit littéralement le stade de toute sa classe. Les stars font parler la poudre et les Kaka', Pato, Ronaldinho, Seedorf et Ambrosini multiplient les gestes techniques très dangereux face à un bloc Interiste en nette chute de moral. C'est le moment que choisit Mourinho pour procédé à un double changement, avec les entrées de Cruz et Adriano, pour un 4-2-4 de la dernière chance. Les Rossoneri s'essoufflent physiquement mais tiennent bon et font front collectivement face aux tentatives individuelles de Zlatan. Flamini vient apporter une assise supplémentaire à la place d'un Pato volontaire. Sur un contre fulgurant, Kaka' efface deux Interistes mais Burdisso perd ses nerfs et commet un attentat sur le numéro 22, carton rouge ! A 10, l'Inter n'a plus le choix et jette toutes ses forces en attaque, ce qui donnera quelques frayeurs aux Tifosi, en témoigne les frappes successives de Adriano puis Cruz, de peu à côté ou repoussées par un Abbiati absolument parfait
Materazzi se fait encore remarquer sur le banc et prend un rouge pour insulte à l'arbitre, pendant que son équipe coule devant la prestation défensive héroïque des Rossoneri. Cuit physiquement, Ronaldinho laisse la place à Shevchenko, puis l'indispensable Gattuso sort au profit de Bonera. Dans les derniers instants du match, l'Inter est vaillante et tente à tout prix d'arracher le match nul : répondant au tir puissant de Shevchenko dans les mains de Julio Cesar, Adriano manque une incroyable occasion suite à un centre de Maicon...Abbiati s'élance aux six mètres, le banc et le stade sont debouts...C'est TERMINE ! 1-0 pour Milan !
On notera les prestations incroyables du trio de récupérateurs Seedorf, Ambrosini, Gattuso, la vaillance qui pallie la maladresse pour la paire Kaladze- Maldini du soir, et le talent décidément phénoménal du trio Brésilien, Kaka' et Ronaldinho en tête, simplement monstrueux.
FORZA MILAN, E GRAZIE CAMPIONI !